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mar 16

Moi Alice, 20 ans, étudiante et prostituée à paris.La prostitution étudiante a 20 ans ca devient banal. Le jour, elle est étudiante. La nuit, ponctuellement, elle se prostitue. En plus des ses vingt heures de cours, elle travaille quinze heures par semaine dans une boite de télémarketing. Entre les factures, le loyer, les transports… elle a du mal  à joindre les deux bouts pour financer ses études si cher.

Alice se situe dans la « fourchette fatale »: ses parents ne sont pas assez « pauvres » pour qu’elle bénéficie d’une bourse, mais pas assez « riches » pour pouvoir la soutenir financièrement. Lorsqu’elle se rend au Crous pour y trouver une aide, on l’oriente vers les Restos du cœur, mais Alice ne « veut pas voler la place des gens qui n’ont plus rien » explique-t-elle à Rue89.

Ambitieuse, en quête d’accomplissement professionnel, Alice tombe dans la spirale du sexe tarifé pour financer sa vie étudiante. « Dès le moment où l’on répond à une annonce, on est déjà dans l’engrenage », retrace-t-elle aujourd’hui. A travers un témoignage brut et poignant, elle raconte sa plongée dans le milieu de la prostitution par Internet dans son livre « Mes chères études« , qui paraît ce jeudi. On y lit notamment:

« Pas de fric, aussi des factures qui m’en réclament et un studio sur paris à payer. Jamais d’argent dans mes poches, obligée de frauder les transports, une vie vaguement insupportable. Incommodante parfois, souvent embarrassante au moment de la note, mais on s’y fait. je me dis que les ‘massages’ me permettraient aisément le luxe de pouvoir choisir. je ne réalise pas que c’est précisément tout l’inverse qui est en train de se produire: je n’aurai plus jamais le choix. »

Pour une heure,  Alice gagne entre 100 et 150 euros. Une rémunération alléchante qui la plonge dans le vice de « l’argent rapide mais pas facile ».

Internet, une protection illusoire

En quelques clics sur internet en passant une petite annonce alice s’improvise « escort girl » sur paris :

« je me sentais protégée derrière l’écran d’ordinateur mais c’était un leurre, car au rendez-vous, j’étais toute seule et personne ne pouvait me venir en aide. »

C’est en lisant une petite annonce sur internet que alice s’est laissée entraîner dans les rouages de la prostitution: « Jeune homme de 50 ans recherche masseuse occasionnelle. Etudiantes bienvenues. » Au premier rendez-vous, le client lui lâche 250 euros. Pour Eva Clouet, auteure du livre « La prostitution à l’heure des nouvelles technologies de communication », « l’interface avec l’écran représente une protection illusoire »:

« La première raison pour laquelle les étudiantes se prostituent reste le besoin d’argent. Ce sont des personnes issues de la classe moyenne. Les deux parents travaillent mais ne peuvent pas toujours financer les études de leurs enfants. »

Plus qu’une nécessité financière, la prostitution représente pour certaines d’entre elles un moyen de sortir du carcan familial, à travers lequel elles ont reçu une éducation sexuelle très cadrée.

« Elles ont souvent souffert de ces interdits inculqués à l’adolescence. Pour rompre avec la morale familiale, la prostitution est la réponse forte à une société normalisante et contraignante. »

Et d’ajouter que « la prostitution n’est pas seulement une affaire de femmes, certains hommes se prostituent pour financer leurs études mais ils restent relativement tres minoritaires ».

Paupérisation du public étudiant

Le témoignage d’ Alice n’est pas un cas isolé et révèle un réel malaise de société: la précarité étudiante. En 2006, le syndicat SUD-étudiants estimait à 40000 le nombre de prostitués étudiants. Un chiffre publié pour attirer l’attention du gouvernement sur les conditions de vie étudiante, au moment de la loi sur l’égalité des chances. Mais cette approximation est à nuancer puisque aucune étude statistique n’a encore été menée à ce jour.

Alors que les dépenses obligatoires ont connu une hausse de 23%, les bourses universitaires et allocations logement n’ont, elles, augmenté que de 10%. Financer ses dépenses étudiantes devient dans ce contexte de plus en plus complexe: 100 000 étudiants vivent sous le seuil de pauvreté (environ 650 euros par mois).

Pour Eva Clouet, « la prostitution étudiante met en avant l’inégalité des chances pour réussir à l’université. Les réponses des pouvoirs publics ne sont pas adéquates » dit-elle, un brin amère.

« Il faut arrêter de fermer les yeux sur un sujet tabou de la prostitution etudiante. Si certains disent que c’est un phénomène marginal, je pense au contraire que la prostitution étudiante ne fait que s’amplifier a cause des sites d’annonces sur internet. », regrette Alice autrefois prostituee à paris. Aujourd’hui, elle ne se prostitue plus mais refuse de s’avancer pour l’avenir.

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